7.10.10

Génération Colombo

Le mot "culture" désigne ce qui est de l'ordre de l'acquis et non de l'inné, transmis de génération en génération. Les Hommes vivant dans une même partie du monde, dans un même pays ou une même région développent des traits communs et les transmettent à leurs enfants pour conserver l’équilibre de leur société.  Ces traits touchent au mode de vie, à l'art, aux valeurs, aux traditions, aux croyances etc.  

Dans ce cadre là, une question me tourmente depuis quelques temps: à quoi ressembleront les adolescents libanais dans 10 ou 20  ans? Ces adolescent élevés par des sri-lankaises, des philippines, des tibétaines, etc.

Depuis quelques années, les enfants libanais possèdent 2 mamans. Leurs repères sont entre Beyrouth et Colombo*... Cette génération n’a plus d'identité culturelle et ses références oscillent entre le moyen-orient et l'asie...  Ma petite voisine de 3 ans ne sait pas compter jusqu’ 10 en libanais, mais elle sait le faire en tibétain !
 Je verrais bien donc dans 20 ans, ces libanais manifester dans les rues (par exemple) contre le « kébbé » et pour faire de la vache un animal sacré...  je verrais bien ces libanaises habillées en couleurs (très) orientales avec des colifichets en or jaune, un bouton rouge sur le front et un blueberry (blackberry modèle 2040) dans la main... je verrais bien un totem en bois massif à la « place de sassine »  car le nouveau maire d’Achrafieh a été élevé par une sénégalaise (oui oui ses parents voulaient qu’il pratique le français dès son jeune âge et avaient donc opté pour la sri-lankaise sénégalaise)... Je verrais bien une catégorie « chanson sri-lankaise » dans Studio el Fann 2040, des films libanais de 3 heures dans lesquels Youssef el Khal danse la « bharata » avec Cyrine Abdel Nour... je verrais bien ma petite voisine méditer pendant des heures et championne d’arts martiaux (pfff... vieux cliché tibétain, j'avoue)... je verrais bien un plat de curry faire son entrée dans le menu de Zaatar w Zeit...

Je verrais bien aussi des libanais qui ont appris à « nettoyer » leurs villes et villages et à répondre « Yes Madam » quand leur patrie les appelle... non, ça je ne le vois pas en fait...
sur ce, chers amis francophones, je vous salue!

*Grande ville du Sri-Lanka...

2 comments:

  1. Le mot culture définit tout ce qui a été cité… et je suis d’accord. Mais je ne prends même pas le temps d’imaginer ce que sera le Liban dans 40 ans. Parce que dés que ce petit libanais va avoir un peu d’âge, il aura toujours son papa ou sa maman ou sa téta ou son jeddo pour lui rappeler, que cette femme qui t’a tout donné quand tu étais petit, eh bien, c’est la bonne de la maison. Et l’enfant va s’en détacher… Et à la première occasion, lorsqu’un collier sera perdu, c’est elle qu’on va accuser, et pas le petit gamin qui a vendu les perles de sa mère pour se payer sa dose de cocaïne.
    Alors ne nous leurrons pas sur ce point la. Le statut social décrit dans ces lignes, est raciste.
    Et il le restera. Les familles féodales qui l’étaient il y a des siècles le resteront toujours. Et le libanais n’acceptera jamais de nettoyer sa merde, que serait-ce celle des autres.

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  2. lol
    je suis à peu près d'accord avec ce que tu dis... mais mon sujet ne traite pas des classes sociale ni des dérives des jeunes, ni de la façon dont les libanais traitent leurs bonnes...
    le coeur de mon sujet est plutôt ces parents libanais qui laissent leurs enfants aux bons soin de leurs bonnes... sans se soucier de la façon dont cette bonne va éduquer le gamin. Elle lui transmettra forcément une partie de sa culture, de sa langue, etc. C'est dans la logique des choses, c'est "normal" j'ai envie de dire.
    ... la question reste donc ouverte, et on verra bien le résultat dans 20 ans! ;)

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