3.6.13

La mélodie enchanteresse de Fayrouz chantant par-dessus les embouteillages

Ce qui frappe, la première fois que l’on pose le pied au Liban, c’est le bruit, enfin le mélange de bruits pour être plus exact.

Dès que l’on met le nez hors de l’aéroport, nos tympans se trouvent envahis par une symphonie urbaine assez intéressante: mélange savamment orchestré de klaxons, de bruits de moteurs passés d’âge depuis quelques siècles, musique des plus diverses sortant des vitres ouvertes des voitures, cris de chauffeurs de taxi, cris d’amis et de familles se retrouvant. Il est impossible de trouver le silence avant d’attendre, disons, le monastère de Saint Charbel; et encore, il ne faut pas que ce soit un jour de pèlerinage. Passée cette symphonie, c’est-à-dire une fois sorti de Beyrouth downtown et de l’autoroute, la mélopée continue: les tantes Libanaises vous rendant visite, la conversation tonitruante des amis, la télévision allumée en permanence sur un débat politique dont les protagonistes hurlent à tue-tête leurs convictions. De tout cet environnement sonore naît la conviction que les Libanais ne peuvent se passer du bruit, quoi qu’il soit.

Sortez, ne serait-ce que quelques heures au Liban, et vous vous rendrez compte que, outre le fond sonore permanent cité plus haut; la musique aussi est omniprésente au Liban: impossible d’aller dans un endroit où il n’y a pas ne serait-ce qu’un léger fond musical, fond qui d’ailleurs vous accompagnera, à des volumes différents , dans toutes les fêtes dans lesquelles vous vous rendrez. Même en voiture, la musique coulera à flot de l’auto-radio, afin de couvrir les bruits (encore eux) de l’embouteillage dans lequel vous êtes coincé depuis des heures. Cette musique représente d’ailleurs une joyeuse cacophonie, mélange de pop arabe aseptisée, de rock sauvage, de trance aux basses ultra-boostées et de heavy-metal. Le Liban est musique semble-t’il, à tel point qu’il vous sera impossible d’échapper à la symphonie Libanaise faite de tout ces bruits, ces musiques, Ces sons pendant la durée de votre séjour.

Pourtant, ce conglomérat sonore, aussi terrifiant qu’il soit dans les couloirs silencieux de la forteresse Europe, est terriblement rassurant au pays du cèdre, car il représente la vie. La vie des Libanais, le vie de la fête qui s’y déroule, la vie du Proche-Orient; la vie et l’espoir, car malgré tout, le Liban reste sonore dans toutes les circonstances, même dans ses moments les plus difficiles. C’est rassurant d’entendre du bruit, même une cacophonie, car ce bruit est finalement, pour le Liban, la musique du monde, la grande symphonie qui fait avancer la vie, et qui rythme le quotidien du pays. Le Liban, dans le fond, c’est la partition de la vie…